Nocturnisme

C’est drôle comme écrire dans le noir est une détente absolue.

Les yeux se mouchent.
Les mouches te z’yeutent.
Regard tigré sur parchemin quadrillé.

Imaginez l’absolue et patentée cessité (quoique l’aveuglité me titillât la bille) qui laisse libre court à un sport nocturne?

Le jeter de mot !

Ecrire sur une plume. Non. Plumer une écriture pour qu’il ne reste que la trace, le graphe.
Je suis décidément traumatisée par Derrida.

Le cerveau aime qu’on lui ouvre des vannes et des nouvelles perspectives toujours plus stimulantes.
La réflexion produit-elle des endorphines?

Y’a t’il une réelle différence entre l’hémorragie pathétique et la digression chronique?

A ce propos, peut on se relire? C’est vrai qu’on croit bien écrire même les yeux fermés, mais qui nous dit, qui nous garantit que sans la vision, même grande oracle intérimaire, notre geste n’aille pas plus loin qu’il n’est jamais allé.

On vomit et le blanc est fluorescent.

Le vent de Delphes souffle sur nos veines. Nous séchons enfin après cette séance où le signe a pris son indépendance.

Nous laissant vides et remués. Heureux.
Comme après l’amour.

Création jouissive des mauvais poètes.
Lecture orgasmique des mauvais spectateurs.

Le monde est pourri mais on s’en accommode bien.

C’est drôle. Chez Kundera il ne reste que les amours de Diderot.

(remet son jabot et ajuste ses jarretières)

La neige tombe encore.
Les petites lettres avec.

 

Suède, arbres absurdes, 2010

 

(Séquelles diderokunderiennes partie II.)

 

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