Mais si ! Imagine …

Imagination débridée, dit-on souvent.

Sous caféine essayons.

Les codes voudraient que l’on choisisse un personnage, qui de facto existe quelque part et attend qu’on lui fasse faire quelque chose, prendre de la consistance même du rien.

Donc, notre héros du jour est un alien, un autre, un étranger, un främmande de la pire espèce. Pas camusien pour un sou, point d’absurdité dans ce monde de fou. Elle est là devant vous. En français point de neutre. Elle sera il ou elle. Au besoin de la sonorité.

Alors on dit que la chose s’approche d’un canal et se rend compte de l’immensité de l’océan qu’elle a laissé derrière elle. Elle pense. Sereinement.

Rendu à ce point de l’histoire l’imagination est bridée. Mais elle suce son mords avec empathie.

Pencherons nous pour une histoire de moeurs? De découverte? Existentielle?

Non.

Elle est au bord de ce canal gelé et elle entre dans l’eau. Son corps est immatériel et devient donc l’eau. En empathie profonde. Il perd son identité qui n’était formé que de volutes grises et de plaques rougeaudes de projection post-connaissance.

Il ne vous plaît pas. Pas du tout. Alors vous le transformez avec moi sur le mode de la pensée illusoire.

Maintenant on maintient l’image avancée qui est différente pour chacun de nous.

Il est difficile de vivre sans concept. C’est dommageable.
Car les concept oppressent et figent.
Oui mais les mots sont des concepts.

Et comment se passer de cette substance douce et enivrante?

Laissons nous porter comme lui au delà du pont. Nous sommes au bord d’un précipice lumineux. En haut d’un gratte ciel. Au fond d’une caverne. Sur un pied de stalagmite. Je ne vous raconterai pas tout. Imaginez un peu.

Là il imagine que la glace prend. Que la neige fond. Que l’eau du goutte à goutte digressif se perd dans une solidité de fixation ultime. Il devient eau figée. Ce n’est pas ennuyeux. On dit qu’il est vraiment content comme ça de briller par sa substance, de faire apparaître des spectre lumineux, de décomposer les cercles chromatiques.

Elle est restée là des années. De très longues années. Et puis un jour, dans ce bonheur béat est arrivé un second personnage. Tout l’inverse du premier. De la matière, rien que de la matière. Or la matière c’est défini  ou plutôt ça définit, alors un être tout fait de matière, Monsieur Berkeley, c’est défini. Et non Alcibiade point de joute à la Eros qui n’est pas ce qu’il donne et ce qu’il symbolise. Soyons simple pour une fois.

Ce personnage est trivial, vulgaire et a une très haute estime de lui même. Il empoche notre héros premier et diaphane et le fond à sa substance. Il manquait dans sa fange constitutrice un peu de cette lumière diffractée et dégustée. Il n’en sort rien de très précis si ce n’est que l’eau redevient liquide et que notre amoureux de lumière aime maintenant à se complaire dans la moiteur et la tiédeur rassurante de la matière.

Boue n’est pas l’antinomie de la lumière. Boue est un composé, c’est tout. Mais elle s’assume comme telle vous savez. Elle ne prétend ni à la pureté, ni à la saleté. Elle est tiédeur et construction solide. Elle est maternelle et foyer créateur. Boue est heureuse d’être boue et ne demande qu’à le rester.

Alors pourquoi soudain, elle se sent séparée d’elle même? Redevenir cette essence de rien après un siècle de Boue, c’est difficile. Mais on oublie bien vite qui on a été et le futur nous tend les bras bien assez tôt. Beaucoup de bien ne fait pas de mal. Cela serait bien dommage, avouez le.

(…)

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