Si tu meurs, tu perds.

La fin du monde.

La fin du mond.

La fin du mon.

La fin du  mo.

La f n du mo

 a   , du mo

 a   , d    o

 a   , d

after, death.

 Nous sommes pour l’ère chrétienne anglo-saxonne en l’an AD 2011.

Quelle ironie de compter le temps, d’égrener les mois, les années et les siècles à partir d’une mort hypothétique. Nous serions donc déjà de ces survivants post-mortem, de ces illuminés post-apocalyptique. Les derniers depuis plus de 2000 ans. Et l’histoire se répète encore et encore dans la tradition biblique : les enfants de Noé, survivant du déluge. Les enfants d’Eve et d’Adam survivants de l’exil forcé sur une terre inhospitalière.

Vraiment, quel esprit tordu a pu s’acharner à vouloir nous mettre dans le crâne que nous étions en sursis dans un monde sur le point de s’effondrer. Souvenez vous, la fin du monde est proche ! La peur de la mort pour aider à la survie. Paradoxe supplémentaire. Fuir quand on le peut. Tant qu’on le peut. Le pleutre aura une descendance.

Pourtant les figures de sage et autres mystiques ont tous en commun le dépassement de cette règle de survie. Ceux qui n’ont pas peur de la mort sont les plus glorieux, les désintéressés; les parangons de l’action gratuite sont les modèles d’intelligence et de sagesse. Les héros sont sans peur, les méchants se sont acoquinés aux forces qui leur permettaient de ne pas mourir, au détriment de quelque chose qui faisait d’eux des hommes ou des héros – Vador n’est qu’un avatar mythique moderne de ce motif.

Peut-être faut il pour sortir de cette tension permanente, entrer dans un cercle : si les choses se répètent, indéfiniment ou si les âges sont des cycles qui se retrouvent au fil des millénaires, alors, la peur de la mort individuelle ou de la communauté n’est plus à craindre, elle fait partie du cycle. Toute la tragédie est de sortir du cercle, ce qui n’est pas une mince affaire si l’on en croit la roue de la vie de certains bouddhistes.

Arrêter toute action, positive ou négative, voilà un challenge que l’ascenseur paradis – purgatoire – enfer n’a pas pris en considération. Annihiler le moi dans le tout. Devenir le tout. Ne plus être soi.

Pourquoi raconter des histoires, des contes ou des fictions qui mettent l’homme sur la scène de ses limites : aller plus loin dans l’art de la survie? Le chevalier est poussé dans ses limites, les participants à des concours et des tournois sont repoussés jusque dans leur retranchement, le paysan simplet devient grand prince lorsqu’il est mortellement menacé par quelques puissances maléfiques… Peut-être même est-ce finalement un abus de langage de parler de survie, le schème est tellement répandu qu’on pourrait appeler ça la vie. La sur-vie. Au-delà, au-dessus de la vie. Soit l’un, soit l’autre, mais les deux ne semblent pas s’opposer. Si la vie est en grand danger, alors c’est la survie, l’avant-mort, la sous-mort.

Tout part de là : Êtres mortels, tremblez ! Richard Dawkins parle des animaux, des plantes comme des machines à survie pour les gènes (Le Gène égoïste). Même si on oublie l’individu, la survie et la longévité sont encore une fois le leitmotiv  du plus petit mais plus déterminant que soi.

Puisque cela semble motiver nos neurones et nos jambes, lisons lisons des récits d’apocalypse, voyons voyons notre monde s’écrouler. Et survivons y.

 

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