Walking Dead : Courir à sa perte !

Une série évènement ! Un comics original !

Un vent nouveau sur les presque-morts. Non, monsieur, tout ceci n’est que mensonge. Laissez moi vous conter la véritable face de ces morts vivants.

L’intérêt de lire et de voir – nous dirons donc raconter – des histoires de zombies est que cela permet d’éclairer l’humanité sous deux jours très limites.

1/ Le jour de la nuit : sous ce paradoxe étrange se trouve l’idée du mort vivant, cet homme qui ne l’est plus parce qu’il a perdu une essence, quelque chose qui fait de lui un homme. Il ne réfléchit plus très bien, il grogne plus qu’il ne parle. Il est obsédé par sa survie : encore un des grands paradoxes de sa pauvre condition, le zombie est déjà mort une fois, son corps a pris le dessus, la décomposition et la pourriture l’ont entamé, et pourtant, pourtant, le zombie cherche à tout prix à manger ce qui lui ressemble… de la viande – humaine ou non …

Cette perte de conscience, d’esprit alors que le corps reste en action est encore un des grands mystères du genre. Mythe que l’on retrouve partout, partout, partout : les morts invoqués par les nécromanciens ou même dans certains mythes guerriers, les détraqueurs potteriens qui aspirent l’âme des condamnés devenant alors dépouilles vides zombiesques…

D’autant qu’elle se double d’une contagion similaire à la rage pour la plupart des cas. La contagion de la coquille vide ! Ce motif-ci lui semble bien plus moderne et de source humaine : la plupart des plots cible l’homme comme responsable de sa propre déraison que cela soit scientifique fous ou industries meurtrières la morale est la même. L’homme sera la cause de sa propre fin. Imaginez le sacrilège : que les morts vivent et re-vivent – c’est pourtant ce que promet dans les grandes lignes une certaine religion monothéiste, de manière sélective, cela va de soi.

Dans Walking Dead T.1 les zombies sont plus ou moins lents, plutôt peureux et vivent en meute – ils ne s’affrontent pas, parce qu’ils se reconnaissent par l’odeur. Signe si ce n’est d’une société en éclosion au moins d’une certaine homogénéité de la zombification.

A part ça, ils ne servent que de menace aux petits hommes chéris par les auteurs. A part leur nombre et leur invariable volonté peu littéraire de bouffer de la viande animale – humaine, canine ou autres provenances ) ils ne sont pas exploités plus originalement ou plus généreusement que ceux qu’on a l’habitude de croiser dans les séries narnardesques au ketchup (et qui sont à cette occasion bien plus trippantes que le comics dont on parle présentement).

Cette amertume vient de mon préjugé : trop vanté, j’ai cru à l’originalité, le titre m’a trompé je pensais à une histoire de zombie vue par les zombies. Un peu de relativisme ! Moins d’anthropocentrisme que diable. Mais non. Déception.

Et en plus, les survivants à cette résurrection des corps sans les esprits ont l’air de s’en contre-balancer du pourquoi du comment que c’est-t-y-arrivé-c’te-situation là. Ce qui est un poil énervant concernant le minimum d’intrigue – même cliché – requis. Ceci dit après de nombreux débats diurnes comme nocturnes, il est vrai que tous les films et les comics de zombies ne donnent pas la réponse tant attendue au pourquoi du comment.

42 ! crient ils.

Dans Walking Dead Saison 1: Les zombies sont beaux, tellement affreux qu’on les aiment. Les meutes, les troupeaux de zombie qui jaillissent, qui se traînent, qui hurlent sont particulièrement bien faites. On aimerait qu’ils apparaissent plus souvent.

2/ le jour après la nuit :

Après la nuit de l’apocalypse, celle qui sans crier gare a transformé la majorité des humains en nos amis sans cervelle, reste quelques résistants, encore et toujours. Ils vivent le jour. En solitaire ou en groupe. S’aiment, se chamaillent, se cognent, se tuent entre eux. Et mangent eux aussi de la viande. Mais pas humaine. Faut pas tout mélanger. Ils sont ou outageusement courageux et inconscients ; ou abominablement peureux et lâches. L’humanité dans sa laideur. Dans ses limites. Et que dire du sentimentalisme dégoulinant qui parfois étreint nos coeurs larmoyants. Le ton parodique a parfois du bon.

Dans Walking Dead T.1 : Si on accepte sans broncher le cliché de départ : oh mon dieu j’étais à l’hôpital dans le coma, je ne sais pas ce qui s’est passé, quelle horreur je suis seul et menacé de mort par des … morts?!  Très 28 jours plus tard si vous excusez du peu, je ne ferai que plussoyer Vert (comme bien d’autres!) qui dans ses critiques de la série de comics désespère du rôle et de la personnalité outre-cuidante du personnage principal, Rick. Il réussit tout même le pire. Le héros parfait, si on excepte qu’il n’a pas de pouvoir magique.

La société des survivants est noire très noire. Point de comédie ici, les humains sont comme vous les connaissez. Irascibles, énervants, incapables de construire quelque chose de commun sans se déchirer au final. Malgré la menace de mort imminente et perpétuelle. Malgré leur petit nombre. Cela ne fait que concentrer la bêtise.

Un peu d’eau dans notre critique cependant : le ton est volontairement non-parodique, sérieux. Hommage à Romero entre autres. Le zombie est déjà une parodie de l’être humain. L’humain veut toujours faire mieux. Il se fait son propre imitateur. Il est noir, sombre, glauque. Sanglant, puant et ignorant.

Les zombies sont presque plus sympathiques.

Dans Walking Dead Saison 1: En plus d’avoir les tares proposées comme un blood opera par la comics. Le sentimentalisme et le pathos sont gerbants. Que les zombies les dévore avant qu’ils ne finissent leurs tirades. Au moins pendant le comics on pouvait sauter des pages. Et puis ils ont changé le scénario pour faire tirer en longueur les choses. Sinon, les décors sont biens. Les acteurs irritants. Juste assez pour ne pas aller plus loin. Qu’ils meurent ! (… et revivent…)

Mais sinon, soyons juste, pour le format choisi, c’est à dire la série télé, et le sujet choisir, c’est à dire les zombies, ça se tient et ça peut être sympa si on sait à quoi s’attendre. Mais c’est loin d’être original. Juste un peu de terrain en plus pour les non-morts du jour. La culture populaire dans sa lucidité émerge des marécages où elle évoluait doucement. Et ça au moins, ça fait plaisir.

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One thought on “Walking Dead : Courir à sa perte !

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