Etincelle n°1 : les mots qui émoustillent le cerveau

« Enfin, une exigence nous guidera encore, suscitée par l’insatisfaction où laisse le traitement fourre-tout à quoi trop souvent la science-fiction est soumise, matérialisé d’ailleurs aux rayons des libraires comme aux rubriques des journaux, ruineux pour l’entendement, s’il se recommande, jusqu’à un certain point, des solidarités du goût, traitement qui va jusqu’à confondre la science-fiction avec l’Heroic Fantasy, le fantastique, voire la féerie, sans doute parce qu’il efface d’abord toute chronologie, refuse toute pertinence à l’Histoire, fait Cyrano et Asimov contemporains, comme More et Ursula Le Guin : une réponse, donc, ne nous satisfera, si l’on admet que c’est d’une confusion diachronique que s’autorise en dernière instance la confusion synchronique des genres, que dans la mesure où elle tracera une démarcation suffisamment nette entre la science-fiction et les formes littéraires qui l’ont précédée, et dont on ne la rapproche, parfois, qu’en raison de thèmes dont la présence, dans la science-fiction, pourrait bien être accidentelle ; bref, nous ne serons contents que si nous avons compris pourquoi la science-fiction est un genre qui n’est pas antérieur au XXe siècle. »

Guy Lardreau, Fictions philosophiques et science-fiction, Le génie du philosophe, Actes Sud, Arles, 1988, p.15.

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