Etincelle n°4 : les mots qui émoustillent le cerveau

« Les mondes fictifs ont longtemps formé des univers parfaitement clos, ou supposés tels : Leopold Bloom aurait-il quitté Dublin pour Paris qu’il n’aurait jamais pu y croiser Swann. La culture médiatique de la science-fiction semble avoir changé tout cela : l’intersection n’y est plus proscrite, n’y figure pas comme un court-circuit exceptionnel, elle est en passe d’en devenir la règle. Triomphe apparent du transfert, de la circulation idéalement fluide et libre de fragments d’encyclopédies fictives, non plus confinées à une oeuvre unique, mais susceptibles d’être reprises, indéfiniment, de texte en texte, en film, en série télévisée, en documents de plus en plus divers et nombreux. Transfert qui, pourtant, souligne ce qu’il feint de nier : les frontières fictives, textuelles et sémiotiques, indéniables et malgré tout traversées sans cesse, à la fois aisément et problématiquement.

Richard Saint-Gelais, L’Empire du Pseudo : Modernités de la science-fiction, Collection Littérature(s), Nota Bene, Québec, 1999, p.359.

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