Spinoza encule Hegel – JB Pouy

Jean-Bernard Pouy, Spinoza encule Hegel , Folio Policier, 1999. (Première édition, Albin-Michel, Sanguine, 1983).
Chroniqué dans le cadre du challenge de Tigger Lilly : par ici

Avant Mad Max, après mai 68, il y a Pouy.

Petit opus, qui se lit vite, qui se déguste par paragraphe.
Ça exhale la furie, ça suinte la référence littéraire, ça délire la nomination.

Les piteuses guerres de gang américaines et les mous combats contre les zombies n’ont qu’à bien se tenir, dans cet univers où s’affrontent Autognomes, Jdanov rouge, Tampax aeternam et nos amis de la Fraction Armée Spinoziste. Les Jeunes Hégéliens vont en voir de toutes les couleurs.

Bienvenue en Phrance où les redneck perdent du terrain et où la violence est burlesque (plus jamais vous ne regarderez le sacré coeur de la même manière… je vous le promet). Pour une fois, dans la littérature post-apo, le chaos est jouissif et la destruction désirée.

Le réveil sonne dur pour les bons samaritains qui tiennent, il est vrai, plus de la milice fasciste privée que du péon pacifiste plein de bonne volonté.

Pouy est le roi de la narration et aime jouer avec les mots. La structure qui fait jouer les différents modes d’écriture donne au texte une allure de voie express. Il alterne en effet extraits radiophoniques de défis gouailleurs entre groupuscules armés aux noms et aux provocations toujours plus extravagants et les monologues intérieurs d’un personnage haut en couleur : Julius Puech dit Spino.

Ce dandy punk mène la Fraction Armée Spinoziste du bout de ses bottes en lézard mauve dans leur combat éternel contre les Jeunes Hégéliens. Fresque peinte à toute berzingue, sentant l’essence brûlée et la sulfateuse chauffée à blanc, les personnages sont absurdes, attachants et bientôt l’on se revendique nous aussi spinozistes !

Signe particulier de l’univers : les groupes suivent tous une logique philosophico-idéologique. Avec ce que cela sous-entend comme trahisons, accords ou conflit perpétuel.

Encore un peu et si la litérature était considérée comme une cyber-réalité, on serait dans du cyberpunk pur jus.

Les enjeux suivent eux la ligne blanche des romans noirs les plus purs.

L’entrée en violence parfaite pour les cultivés qui rêvent de brûler l’auto-fiction française qui pourrit mollement sur les devantures graisseuses des libraires à la mode.

Oui, l’éthique mettra à bas l’esthétique !

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